Retour sur le nucléaire


26 avril 1986, il y a 21 ans, la catastrophe de Tchernobyl avait lieu. A différents endroits dans le monde http://www.chernobyl-day.org/ se propose de commémorer cette catastrophe et de dénoncer le nucléaire. A Limoges mais nous en reparlerons une action aura lieu le samedi 26 Avril. L’occasion pour revenir sur le nucléaire et quelques vérités…
L’éternel rengaine nucléaire sauvant le climat se contredit simplement en rappelant qu’il faudrait construire 4 centrales par mois pour y arriver… Malgré les fantasmes français le nucléaire s’installe de moins en moins dans le monde.
50 raisons à abandonner le nucléaire :

De l’extraction des matières premières au démantèlement des centrales nucléaires en passant par la production d’électricité et bien entendu ces malheureux déchets dont on ne sait que faire.
J’ai donc fais le tour de toutes les étapes qui entourent le nucléaire, et je me base également à la fin de l’argumentaire sur d’autres arguments trouvés sur un document donnant 50 raisons de ne pas vouloir du nucléaire.

  • Matières premières : l’extraction de l’uranium

Minerai rare et couteux, un minerai qu’on importe !
Les réserves sont limitées (moins de 60 ans)
L’extraction est polluante ! Dangereuse pour l’homme et l’environnement : ma région le Limousin ne le sait que trop
Le même genre de pollution se pose ailleurs dans le monde notamment au Niger
Au delà de l’uranium il faut également parler de toutes les ressources qui seront utilisées pour fabriquer une centrale nucléaire

  • Fabrication : construire une centrale nucléaire

Des sommes immenses (estimées à 2500 milliards de francs) sont investies dans le nucléaire depuis 50 ans, majoritairement sur fonds publics. Ces sommes ne figurent donc pas sur les factures EDF… mais nous les payons en impôts, et les générations futures payeront pour nos déchets nucléaires.
Le Citron Vert parle des magouilles entourant l’EPR construit en Finlande.

« AREVA a répondu à un appel d’offre “à prix fixe” : 3,2 milliards d’ € ; à prix fixe signifie que si ça coûte plus cher, c’est AREVA qui paiera le surcoût ; aujourd’hui on sait déjà que ça va coûter beaucoup plus cher. AREVA a reçu une subvention de la COFACE (organisme français d’aide aux entreprises qui exportent : la COFACE garantit les risques à l’exportation vers des pays potentiellement insolvables).
Pour l’EPR en Finlande, AREVA a reçu 600 millions d’ € ; en effet comme chacun sait, la Finlande est un pays pauvre et politiquement instable … Cette subvention est contraire aux règles économiques qui régissent l’Europe, cette aide est d’autant plus scandaleuse qu’un des arguments contre les renouvelables était qu’elles nécessiteraient des subventions pour en assurer la rentabilité. Par ailleurs les compagnies qui ont investi dans la construction du réacteur ont pu emprunter 2,8 milliards d’ € à un taux de 2,8%, ce qui est très faible par rapport aux taux couramment pratiqués. A l’heure actuelle la Commission Européenne est en train d’essayer de clarifier les financements attribués à la construction de ce réacteur. »

Temps de construction : 12 ans minimum. Voir de 20 à 30 ans !
Plus une construction dure longtemps plus elle entraine d’autres coûts et risques

  • Utilisation : la production d’énergie

Une centrale à une vie de 30 ans (EDF a profité d’un cadeau l’autorisant à 40 ans)
Production centralisé : problèmes quand un noeud « casse »
Problème de sécurité : coûts
Fragilité : canicule, sécheresse… Changements des débits des cours d’eau, inondations (sachant que cela est déjà arrivé). Pendant la canicule de 2003 le nucléaire a souffert
Il y a quelques mois j’évoquais le fait que le nucléaire avec ses grosses chaleurs nous obligeait à acheter à l’étranger.

En période estivale, les ressources en eau, indispensables à la production hydraulique et qui interviennent également dans le nécessaire refroidissement des réacteurs nucléaires et des centrales thermiques, sont naturellement plus faibles Des achats d’électricité sur le marché de gros ont dû être effectués de manière préventive, et à hauteur de 2 000 MW, pour faire face à une situation qui pourrait perdurer dans les jours à venir.

Pendant cette phase on produit également des déchets importants (dont je parle plus loin) : où les stocker ? Souvent ces déchets sont transportés ailleurs…

  • Distribution : le réseau électrique vétuste

La production étant centralisé , la distribution est fragile : tempêtes de décembre 1999…
L’acheminement se fait sur des longues distances : pertes énergétiques sur le réseau électrique
Une grande partie de l’énergie produit part dans la nature : un peu comme si un camion transportant des marchandises perdaient plusieurs colis… et qu’on produisait et transportait plus de colis pour en avoir assez…
Le réseau électrique :
en mauvais état au niveau européen : il ne peut supporter des surproductions liées au nucléaire
les citoyens refusent de voir se multiplier les lignes électriques
les dangers entourant ces lignes existent
Et dans les pays pauvres le réseau électrique est encore moins adapté
J’évoquais ces points récemment notamment suite à la coupure électrique dont la responsabilité semble liée à la vestuté des lignes électriques allemandes (qui ont du mal à supporter l’éolien qui produit trop, alors je vous laisse imaginer le nucléaire…)

Entre 3 500 et 4 000 personnes ont manifesté samedi dans la Manche contre un projet de ligne à très haute tension (THT) qui doit acheminer l’électricité du futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) vers le sud. “Construire un EPR dans le nord de la Manche pour envoyer l’électricité jusque dans le Maine c’est d’une stupidité notoire. Et les effets des champs électromagnétiques d’une THT sur la santé des hommes et des animaux sont reconnus”, a affirmé Didier Angers du Réseau Sortir du nucléaire

  • Les déchets :

Enterrer ces déchets ? Les recycler ? Aucune solution réelle ne semble avoir été apportée
Le recyclage pour faire un nouveau carburant nucléaire n’apporte pas de solution viable car produit de nouveaux déchets non recyclables
Il y a de nombreux coûts : sécurité, recyclage, …

  • Le démantèlement

Couts énormes
Terrain sacrifié : un terrain où a été construit une centrale nucléaire est un terrain sacrifié puisqu’il ne pourra plus être utilisé même après le démantèlement
J’évoquais déjà il y a plusieurs mois les coûts liées au démantelèment des centrales nucléaires

Prenons la centrale de Brennilis, dans les Monts d’Arrée (Finistère), construite en 1963 et arrêtée définitivement en 1985. Le chantier de la centrale de Brennilis va servir de modèle pour les prochaines déconstructions des 7 réacteurs mis à l’arrêt par EDF depuis 1967. D’ici 15 à 20 ans, 30 sites nucléaires vont êtres arrêtés et progressivement démantelés. Mais voilà le hic : la facture prévisionnelle de la déconstruction du site de Brennilis s’éleve à 460 millions d’euros !

460 millions d’euros pour démonter une centrale !
30 sites à démonter, faisons une multiplication : 13 Milliards ! (en arrondissant largement en dessous du prix réel)

Au royaume uni le cout du démantèlement dépasse les 100 milliards d’euro pour 20 centrales.
Par comparaison, il apparaît que le coût du démantèlement sera au moins 5 fois supérieur au chiffre britannique, soit la somme inouïe d’environ 500 milliards d’euros

Le gouvernement allemand prévoit de dépenser près de 5 milliards d’euros d’ici 2035 pour l’arrêt, le démantèlement et le stockage des installations de recherche nucléaire. Pour faire face aux imprévus, une somme supplémentaire de 20% de ce montant doit être mise de côté.

Selon le ministère de la recherche, il est économiquement souhaitable d’investir rapidement dans la mise en place de capacités de stockage définitif. Si rien n’était entrepris dans cette voie, il faudrait stocker les résidus dans des entrepôts temporaires à la gestion coûteuse. Au BMBF, on espère par ailleurs qu’un terrain d’enfouissement pour déchets à haute radioactivité sera disponible vers 2035. Mais le manque de personnel qualifié rend la tâche ardue. Dans les projets d’arrêt et de démantèlement, les coûts du travail des experts dans le cas de FZK (centre de recherche de Karlsruhe) qui représentaient autrefois déjà 4% du total, s’élèvent dorénavant à 8%.

  • Aspect démocratique

Déni de démocratie : décisions prises sans aucune transparence , aucun compte rendu au citoyen
Médias en faveur du nucléaire ? : La France et sa conquête du monde par le nucléaire est magnifiée alors que les alternatives sont minorées.
Dans un article récent le quotidien les échos fantasme sur le nucléaire pour les quelques ventes effectués (4 réacteurs). Puis minore l’éolien chinois qui pourrait dépasser 40GW avant 2020 soit la production d’une douzaine de réactions nucléaires de 1000MW…

  • Pourquoi le nucléaire ne sauvera pas le climat

– l’électricité n’est qu’une partie de l’énergie : en France 1/5 de l’énergie est électrique.
– l’hydraulique produit plus que le nucléaire
– La France est déjà en surcapacité : produisant beaucoup trop (car consommant également beaucoup trop).
– le nucléaire est en déclin : parc nucléaire agé (20 à 30 ans) On va démantèler plus vite qu’on va construire de nouvelle centrale
– le nucléaire du futur : (ITER) arrivera bien trop tard : après 2050 et certainement plus…
Sachant qu’ITER par exemple n’est qu’une expérimentation et non de la production. Il faudrait alors attendre 10 à 20 ans de plus…
– Le protocole de Kyoto ne considère pas le nucléaire comme une solution : préférant les économies d’énergies et les énergies renouvelables !
(ceci afin de ne pas défavoriser également les pays pauvres ne pouvant avoir accès au nucléaire)
L’usage du nucléaire est exclu du Mécanisme de Développement Propre
– les couts d’investissements sont beaucoup plus élevés que les autres solutions : économies d’énergies, renouvelables…

  • Les Alternatives

“Avec les 3 milliards du prototype de réacteur EPR, quelles alternatives possibles dans le Grand Ouest ?”
EPR : 12 à 13 Twh pour 250 à 300 emplois pérennes
Alternatives : 22, 6 Twh (7 Twh via économie d’énergie + 15 via énergies renouvelables) pour 10840 emplois pérennes
Ces alternatives sont expliquées dans une étude expliquant comment y parvenir

Sentant que le solaire a maintenant le vent en poupe, les créateurs de Google ont décidé d’investir massivement pour le développement de Nanosolar

– Les énergies renouvelables et décentralisées produisent déjà plus que le nucléaire
Ces ENR dépassent le nucléaire depuis 2003 en puissance déployée et depuis 2005 en puissance totale
En Chine le solaire thermique a lui seul rattrape le nucléaire.

Enerzine notait en juillet dernier, pendant la chaleur du début d’été, un embalement de la consommation électrique.
Le mardi 11 juillet à 13h15, heure locale, la demande instantanée espagnole en électricité a enregistré son second pic consécutif de consommation électrique pour atteindre les 40 600 MW.

D’aprés le REE, les 40.600 MW de demande instantanée ont été couverts de la manière suivante :

– nucléaire 15.6%,
– charbon 24.1%,
– centrales de cycle combiné, qui fonctionnent avec gaz naturel, 27.3%,
– combustible 5.2%,
– l’hydraulique 12.5%,
– éolienne 6.0%,
– systèmes spéciaux, hors éolien 8,8%
– échanges internationaux 0.5%.

On notera donc deux points importants : l’éolien 6% et l’hydraulique 12.5 % , soit au moins 18.5 % de renouvelable !!!

– Beaucoup plus d’emplois à créer dans les économies d’énergie et dans les énergies renouvelables Emplois décentralisés, non délocalisables, et également très diversifiés

Selon l’étude “Environnement et emploi 2006″ publiée récemment par les associations de protection de l’environnement BUND, Deutscher Naturschutzring et Naturschutzbund, 1,5 millions d’Allemands ont aujourd’hui des emplois liés à la protection de l’environnement, un chiffre supérieur au nombre de salariés allemands de l’industrie automobile et susceptible de doubler d’ici 2020…

– Les Pro Nucléaires (ou les sceptiques) annoncent qu’on ne peut pas sortir du nucléaire du jour au lendemain car on utiliserait d’autres énergies polluantes à la place !
Les Verts, et même le réseau Sortir du Nucléaire, ne parle pas de sortie du nucléaire du jour au lendemain mais de sortie programmée !
En 30 ans et explique avec précision comment procéder :
réduction de l’énergie utilisée,
mise en place progressive d’autres alternatives,
fermeture des centrales au fur et à mesure suivant l’inutilité, l’age ou l’insécurité des réacteurs

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