Cycle de refondation des partis : muter, ouvrir, rassembler ou disparaitre ?

Ce n’est pas le 1er billet que je consacre au cycle de « rénovation » des partis que nous vivons depuis quelques années…

Décembre 2008 je disais « on s’éclate à gauche » et écrivais déjà aussi un article sur les cycles de refondation des partis (avec un amusant recul à prendre sur mes analyses sur le PCF et le PG 😉 )
Puis fin 2009 avec « Europe Ecologie, une issue pour la gauche radicale ? »

L’occasion de faire le Point… De l’extreme droite à l’extreme gauche en passant par la droite et la gauche avec une reflexion sur qui pourrait être les prochains après le Modem, le NPA et Europe Ecologie.
Le billet s’attachera surtout à voir le rôle du rapport à l’extreme droite dans les refondations à droite, et les rôles de l’extreme gauche (notamment LCR-NPA) et de la gauche non socialiste (notamment dissidences communistes) dans l’évolution de la gauche…

Pour plus de lisibilité le billet sera certainement par la suite divisée en plusieurs billets « rediffusant » certaines parties de ce texte…

A l’extreme droite et la droite nationaliste


L’extreme droite et la droite nationaliste (De Villiers, CPNT…) est depuis 2007 perturbé par la récupération opérée par Nicolas Sarkozy et l’UMP.

Au FN la question semble surtout une question d’héritage Le Pen devenant vieux et on assiste à nouveau à une multiplication des groupuscules dans cette partie de l’échiquier politique (PDF) ce qui n’est pas la première fois puisqu’en 1998 le MNR fut crée par un certain Bruno Megret

Du côté De Villiers tout comme CPNT on assume à moitié les alliances avec l’UMP et donc l’entrée dans le « périmètre » de l’UMP.

Si ici c’est l’héritage Le Pen qui est en question, on verra plus loin que ce sont les « rapports » entre l’extreme droite et la droite qui ont finalement amené le RPR et l’UDF à muter à la fin des années 90 (en pleine cohabitation Chirac-Jospin) et la création de l’UMP et du Modem

A Droite


Depuis leurs créations le RPR et l’UDF s’allièrent et se hairent se partageant l’électorat centriste, gaulliste et de droite… malgré les désirs d’une plus grande indépendance de la part des centristes…

C’est en 1998 que le virage fut amorcé par François Bayrou en réponse une partie des membres de l’UDF le quitte notamment les plus « Libéraux » qui se rapprochent du RPR.

Pour la « petite » et la « grande » histoire : Alors que plusieurs présidents de région avaient été élus avec les voix de l’extrême droite, François Bayrou, alors président de Force Démocrate et Alain Madelin, président de Démocratie libérale, se divisèrent sur la condamnation de ces accords. Ce fut finalement la position de François Bayrou – refus des alliances avec le Front National (FN) – qui l’emporta etDémocratie libérale choisit de quitter l’UDF quelques semaines plus tard

Les stratégies successives de François Bayrou (liste en 1999, candidature en 2002…) amènent une réponse du RPR et de ses « nouveaux alliés »
La Création de l’UMP en 2002

De nombreux élus quittent alors l’UDF pour rejoindre ce nouveau mouvement qui rassemble alors le RPR mais aussi d’autres mouvements, plus ou moins importants, qui pour certains préfèrent se prétendre « partis associés »

C’est un succès pour l’UMP qui dès 2002, et malgré les réticences de beaucoup, va permettre à Nicolas Sarkozy de préparer une campagne électorale longue de 5 ans…

Du côté de l’UDF donc, en 1998 François Bayrou amorça le virage avec une « Nouvelle UDF » qui aboutit à d’excellents résultats notamment en 2004… puis à la candidature de François Bayrou en 2002 et 2007…

En 2007 est alors crée Le Modem : on en connait l’histoire récente

Ainsi si on résume grossièrement la création de l’UMP puis du Modem furent finalement des échos aux évènements politiques à droite pendant la cohabitation Chirac/Jospin avec notamment les élections régionales (résultats du FN) , les mauvais résultats de 1999 aux européennes puis les fameuses élections de 2002…


A Gauches


Depuis des années l’hégémonie du Parti Socialiste et l’affaiblissement du Parti Communiste ont rythmé la vie au sein de toute la gauche…

Ni à gauche ni à l’extreme gauche depuis les années 80-90 un mouvement ne réussit a réellement remettre en cause cette situation politique qui fut le résultat de la création du PS par Mitterrand sur les ruines de la SFIO

Le PRG pourtant issu de l’histoire du Parti Radical (autrefois puissant avant émergence du socialisme et du communisme) ne réussit jamais à renaitre malgré les succès éphémères de Tapie en 1994

Et seul le MRC de Chevènement, issu d’une scission avec le PS, en 1993 tenta de bousculer un peu les choses sur les bases d’un souverainisme assumé… qui abouti toutefois à une participation à gauche plurielle puis aux élections présidentielles de 2002…

La gauche ne fut alors réellement rythmé que par :

– les écologistes et notamment Les Verts (avec ses hauts et ses bas)

– les aventures du Parti Communiste

– l’extreme gauche : Lutte Ouvrière et la LCR principalement

* Le Parti Socialiste *

Depuis sa fondation dans les années 70 le PS n’a subi aucune réelle métamorphose et depuis 1995 a échoué à chacune des présidentielles mais aussi à quelques élections locales

Scission de 1993 : départ de Chevènement qui fonde le MDC devenant MRC ensuite

Gauche Plurielle : retour au pouvoir en 1997-2002

Depuis 2004 : succès aux régionales (2004 et 2010) et autres élections locales (municipales 2008)

Ascension de Ségolène Royal et Désir d’Avenir : dès 2004 et malgré les divisions autour du TCE seule cette phase permit réellement un certain renouvèlement

Pourtant les élections de 2007 furent un nouvel échec aboutissant même à la « fuite » de quelques membres du PS vers Sarkozy

Fin 2008 Scission : départ de Mélenchon (fondant le Parti de Gauche) suite à un Congrès assez sanglant

puis Echec aux élections européennes dans un climat très difficile pour le PS en 2008-2009

Depuis la mort de Mitterrand le PS est rythmé par des victoires locales ça et là mais aussi par les échecs aux élections présidentielles, les conflits internes (épine Royal, épine Mélenchon, …) et la concurrence de ses alliés traditionnels…

Depuis 2010 la confiance semble revenue en interne chez les militants PS qui espèrent pouvoir faire basculer le sénat en 2011, gagner de nombreux cantons et préparer plus sereinement les élections présidentielles…
Toutefois la montée en puissance de Mélenchon reste une petite épine à la gauche du PS même si le Front de Gauche est un allié contrairement au NPA…

De l’avis de plusieurs militants en 2012 le Parti Socialiste devrait « disparaitre » dans sa forme actuelle : en cas d’échec bien entendu mais aussi en cas de victoire qui pourraient dans les 2 cas l’obliger à se métamorphoser… les départs de Mélanchon et de ses amis, les tentatives de Royal, et les aternoiements du MRC (Chevènement) et PRG (mais aussi de certains refusant l’autonomie de leur propre mouvement : Robert Hue…) sont autant de signes…

* A l’extreme gauche *

Depuis les années 70 l’extreme gauche n’a jamais réellement réussi à prendre de l’importance :
le Parti Socialiste devenant de + en + hégémonique sur tout l’échiquier à gauche
et le parti communiste s’effondrant mais peut être pas assez pour laisser sa place à d’autres mouvements plus à gauche…

Malgré une Arlette Laguiller de + en + populaire ce fut finalement la LCR qui rythma réellement l’extreme gauche avec l’émergence de Besancenot aboutissant en 2009 à la dissolution/refondation de la LCR en NPA (suite aux succès de 2007 mais aussi 2008)

Années 70 : il faut savoir qu’une tentative de fusion a échoué avec le PSU (que certains avaient quitté pour le PS)
d’autres tentatives échouèrent également et des petites guerres entre groupuscules rythmèrent l’extreme gauche…

Années 80 : la LCR continue de s’affaiblir.
Forte de 3 800 militants vers 1977, la LCR ne compte plus en 1981 que 570 militants
La LCR ne présente pas de candidats en 1981 (appele à voter Laguiller ou Marchais) puis doit compter sur de nombreux départs de personnalités et malgré la virage « à droite » du PS, et le début de déclin du PCF, l’extreme gauche en profite peu…
En 1988 la LCR n’a pas de candidat soutient le candidat Juquin (dissident PCF, un « ancetre » de Bové d’une certaine manière)

1988-1994 : la LCR essaye de se ressaisir (critique de l’échec des communismes, amorce d’élargissement de l’anticapitalisme…) mais sans réelle succès

1995 : toujours pas de candidat et la LCR appele à voter Hue (PCF) , Laguiller (LO) ou Voynet (Verts)

De 1981 à 1995, la LCR n’a donc eu aucun candidat aux présidentielles

– 1995 : Un nouveau Sursaut ? Les grèves des retraites puis La gauche Plurielle
Les manifs de 1995 permettent à la LCR de retrouver un certain souffle…

– 1997-2002 : le retour d’une extreme gauche ?

Alors que la gauche plurielle est au pouvoir, ceux qui à gauche en sont très critiques se tournent vers l’extreme gauche LO et LCR
Les militants de la LCR (contrairement à LO) se plongent également dans les débuts de l’altermondialisme

Les alliances LO-LCR se multiplient et les résultats sont plutôt bon à chacune des élections :
européennes 1999 , municipales 2001, et même présidentielles de 2002 (cumul de 10%)

En 2004 les régionales sont plutôt bonnes pour l’alliance LO-LCR mais les européennes qui suivirent amènent cette alliance à éclater peu à peu…

Le Non de TCE en 2005
Se détournant un peu de Lutte Ouvrière, la LCR s’engage dans une lutte collective avec d’autres mouvements aux cultures différentes…
Après le succès du Non la gauche de la gauche se divise et aboutit à plusieurs candidatures concurrentes issus des collectifs au départ unitaires : Bové, Buffet, Besancenot…

2007 Besancenot seul concurrent à la gauche du PS ?

C’est ce « succès » (meilleur score à gauche du PS)  qui amène la LCR a essayé d’asseoir son « hégémonie » sur la gauche de la gauche et donc ses stratégies…
Dès le lendemain des élections la refondation de LCR est lancé pour aboutir à un rassemblement dans un nouveau parti anticapitaliste : les succès se multiplient globalement (bons résultat aux législatives, aux municipales…)

– 2008-2010 Fondation d’un NPA pas assez collectif ?

Mais rapidement (après les municipales) des voix s’élèvent pour critiquer une tentative d’imposer les visions LCR à la « gauche de la gauche » , trop autonome et pas assez « collective » aux yeux de certains :
des minoritaires tentent en effet de renouer avec les succès collectifs du Non au TCE. Ceux ci souhaiteraient un Front de Gauche très élargie qui regrouperait le PCF, le NPA et tout ceux qui se reconnaitraient dans celui ci…
et suite au départ de Mélenchon du PS, fondant le PG, cette vision des choses séduit beaucoup de militants mais aussi des électeurs qui sanctionne les stratégies du NPA en 2009 puis 2010…

Le succès du non au TCE, l’histoire du PCF, la création du PG de Mélenchon (…) sont autant d’épines dans le pied du NPA qui n’arrive pas à profiter réellement de l’affaiblissement de son ancien allié LO

Et alors que c’est la critique de la « gauche plurielle » qui avait été bénéfique pour le LCR, c’est le choix de l’autonomie qui est sanctionné :
les militants et électeurs de la gauche de la gauche sanctionnant un mouvement voulant jouer « trop individuel »

Le NPA en 2010
est autonome dans une majorité de région mais n’obtient que 2,85 %
est allié avec le Parti de Gauche dans quelques régions (et les listes obtiennent entre 4 % et 5 %)
est allié avec le Front de Gauche (PG-PCF…) en Limousin (13%) et Languedoc Roussillon (8,5%)

les résultats sanctionnant eux aussi les stratégies nationales du mouvement…
toutefois les résultats du Front de Gauche bien que supérieurs ne sont pas toujours au rendez vous dans toutes les régions… ce qui pourraient rendre encore plus difficiles les choix stratégiques…

* De l’affaiblissement du PCF à l’émergence du Front de Gauche *

La route empruntée par le PS amène progressivement le PCF à s’effondrer, mais pourtant à résister

– 1970-1981 : erosion puis déclin
Alors qu’il fut longtemps devant les socialistes l’érosion est amorcé parallèlement à l’émergence de François Mitterrand (avant même fondation du PS)
4ème République, il représentait 25 % à 30 % des voix dans le corps électoral, sous la 5eme République 20 % à 22 %, tandis que les socialistes poursuivent leur progression.
Aux législatives de 1973, le PCF obtient 21,5 % des voix contre 18,8 % des voix au Parti socialiste.
1974 le PCF soutient Mitterrand
1978 Pour la première fois depuis 1945, le PCF perd sa domination à gauche, n’obtenant que 20,8 % des voix et 86 députés, au profit du PS qui obtient 22,8 % des voix et 104 députés. Aux européennes de 1979, la liste de Georges Marchais marque encore un recul du PCF, n’obtenant que 20,6 % des voix et 19 députés, son rival le PS obtient 23,5 % des voix et 22 députés

1981 : Marchais obtient 15% aux présidentielles
et les élections qui suivront (législatives, cantonales…) furent marqué par un poids électoral relativement identique (15-16%)

Les années qui suivirent le déclin se poursuit puisque le PCF passa dessous la barre des 15% à de nombreuses élections…

– 1981 – 1989 : installation de l’hégémonie du PS et poursuite du déclin
Alors que le déclin se poursuit des voix dissidentes se font de + en + entendre… tantôt sur les questions de démocratie interne et de rapport avec l’URSS, tantôt sur les stratégies électorales…
A cette époque le PCF doit faire face à de
nombreux départs et candidatures dissidentes

En 1998 Pierre Juquin (dissident) se présente aux élections présidentielles ce qui permet de noter une émergence d’une autre gauche (non socialiste) à côté de l’extreme gauche, des écologistes et des communistes > La Gauche ni Communiste, ni Socialiste, ni Ecologiste (ou un peu de tout ça ?) s’organise

– 1998-2002 : du déclin à la gauche plurielle

Alors que le déclin se poursuit (l’affaiblissement des scores continue, la perte d’élus et de mairie, …) le PCF participera à la Gauche Plurielle en 1997 et réussit à obtenir plus d’élus (via négociations) que les écologistes (Les Verts) qui apparaissent pour eux comme des « concurrents » comme 2eme mouvement à gauche…

La perte d’élus locaux est très mal vécue et les élections municipales de 2001 sont plutôt mauvais d’autant plus qu’après la concurrence au sein de la gauche plurielle, c’est la concurrence venue de l’extreme gauche (LO-LCR) qui devient pressante, celle ci récupérant les voix perdues par le PCF…

– Le déclic de 2002 ?

Le score des présidentielles (qui ne fait que conclure le déclin amorcée depuis les années 70-80) amène le PCF à comprendre qu’il est « au fond du trou »
Concurrencé au départ par le PS, il s’est retrouvé devancé par les écologistes mais aussi affaiblis à sa gauche et par ses propres dissidences

– Régionales 2004 : stratégies à la carte
Trop affaibli le PCF n’est autonome que dans une minorité de régions et préfère préserver ses élus en s’alliant souvent avec le PS…
Malgré ce choix (qui permet à l’extreme gauche d’obtenir des bons résultats) le PCF obtient des résultats corrects dans les régions où il se présentait en autonome : régions où le PCF reste fort  (Auvergne, NPDC, Picardie) ou région où des choix originaux avaient été fait notamment en s’alliant avec les mouvements sociaux (Ile de France)
Ces choix lui permettent de repasser devant l’extreme gauche aux élections européennes de 2004 et d’arreter l’hémorragie grace à une stratégie peut être plus « unitaire » et tourné vers l’extérieur du mouvement…
Ce dernier choix évite certainement très provisoirement le départ des « rénovateurs-refondateurs » du parti et son également à l’origine des campagnes collectives qui suivront (Non au TCE, Front de Gauche, …)

– Du TCE à la présidentielle

Malgré ce déclic et ce retour du « collectif » la phase TCE « unitaire » aboutit donc à la désunion en 2007 : certains rénovateurs soutiendront même la candidature Bové
Cette désunion (comme celle du NPA en 2009-2010) est sanctionnée en 2007, aussi bien pour Buffet que pour Bové et Besancenot échappe donc très provisoirement aux critiques…

Cet nouvel échec est certainement encore un nouveau déclic…

– 2008-2009-2010 : naissance du Front de Gauche

Bien que très concurrencé à sa gauche par un NPA naissant, le PCF réussit dans un 1er temps à éviter la poursuite de l’érosion avec les élections municipales de 2008… Un parallèle peut être fait avec les Verts : l’échec des présentielles n’était donc qu’une mauvaise année ?

Alors que du côté ecolo Europe Ecologie nait, du côté PCF c’est le Front de Gauche qui émerge… bientôt rejoint/encouragé/renforcé par l’arrivée d’un petit nouveau parti : le Parti de Gauche de Mélenchon…

Ce Front de Gauche permet au PCF de renouer avec le succès relatif et surtout avec ses propres anciennes dissidences voir anciens concurrents… toutefois les critiques continuent de se faire entendre puisque certains refondateurs/rénovateurs ont décidé de quitter le PCF qui n’évolue pas assez vite à leurs yeux…

– 2010 : malgré les succès Unions et Désunions

Pourtant + ou – encouragé par les résultats et les militants le PCF doit faire face à 2 phénomènes
– l’émergence d’un allié concurrent : le Parti de Gauche n’ayant pas hésité à encourager la constitution de liste PG-NPA là où le PCF s’alliait avec le PS
– la montée en puissance des groupuscules « amis-ennemis » : beaucoup d’anciennes ou récentes dissidences s’organisent au sein de la FASE

Ces 2 phénomènes obligent le PCF à prendre garde à ses propres alliés puisque ceux ci, qu’il soit « ami » (Parti de Gauche) ou « plus dissident » (ex PCF, FASE…) souhaitent le rassemblement de la Gauche de la Gauche
Mais une gauche de la gauche qui ne serait ni l’instrument du NPA ni celui du PCF : pourtant ces mêmes alliés savent très bien que sans le PCF cette union risque n’aboutir à rien…

Il convient donc de s’arreter sur l’émergence du Parti de Gauche et sur la Fédération


* Parti de Gauche *

Mélenchon ne s’en cache pas son principal modèle est le Die Linke Allemand qui a permis l’alliance d’une partie des dissidents socialistes allemands avec les communistes (voir article sur Die Linke) : le parallèle est donc facile avec l’alliance Front de Gauche avec d’un côté le PCF et de l’autre le Parti de Gauche…
Mais on peut penser qu’un autre modèle est l’ascension de Mitterrand avant la fondation du PS : en effet celui ci créa son propre parti puis amena la création d’une fédération (FGDS) comprenant la SFIO mourrante et d’autres mouvements…

Le PG a aussi réussi à rassembler plusieurs courants de gauches qui arrivent à cohabiter malgré leurs différences : principalement des républicains/souveranistes (proche de ce que put être le MRC de Chevènement) et des gauches plutôt alternatives (écologistes, rouges-verts, mouvementistes) .
Cette cohabition se vérifie par la couleur de ses composantes fondatrices mais aussi ceux qui ont rejoint le PG depuis :
– PRS : tendance de Mélenchon au sein du PS
MARS-Gauche républicaine : issus d’une fusion entre Mars (la gauche du MRC de Chevement) et la Gauche Républicaine
– une partie de Utopia (plutôt écolo) via Frank Pupunat
– des dissidents écologistes

Et Contrairement aux divers groupuscules plutôt issus historiquement des dissidences du PCF le Parti de Gauche bénéficie d’un réseau militants et d’élus mais aussi et surtout d’un leader médiatique qui peut se faire entendre : ce qui peut aussi être un problème… pour ses alliés comme en interne même si pour le moment aucune voix dissidence interne ne se fait entendre…

On peut imaginer qu’à terme une fusion PCF-PG + autres participants des Front de Gauche soit envisagée (en tout cas fortement du côté du PG) mais le poids militant et histoire du PCF le rend plus délicat aussi bien pour le PCF (qui ne souhaiterait peut être pas disparaitre comme ça ?) comme pour ses alliés de la Fédération notamment qui préféraient une fédération où l’hégémonie du PCF n’est pas souhaité et souhaitable…
De plus l’équilibre entre communistes/républicains souverainistes et écologistes est très délicat car les cultures restent différentes voir très différentes

* Les nains rouges et verts qui ne veulent pas le rester ? *

Tout récemment Clémentine Autain, figure émergente de la gauche de la gauche, s’était agacée devant les aternoiements perpétuels au sein d’une gauche de la gauche composée de trop nombreux nains…

L’histoire de la Fédération dite FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique) est à mettre en parallèle avec des années de dissidences avec la SFIO puis le PCF
En effet la FASE est composée de :

  • Les Alternatifs,
  • les Communistes unitaires, issus du courant refondateur du PCF refusant la ligne actuelle du parti; une vingtaine d’entre eux (dont les députés Patrick Braouezec,François Asensi et Jacqueline Fraysse, ou encore Pierre Zarka) menaçait de quitter le parti en 2010 pour rejoindre à plein temps la FASE 1
  • la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), pour une alternative au libéralisme,
  • le mouvement « Écologie solidaire »,
  • Alter Ekolo,
  • le Mouvement Utopia2 (implanté auprès d’autres formations comme le PS et les Verts)
  • le MAI, le Mouvement politique pour une convergence des alternatives à la globalisation et pour la sortie du productivisme,
  • l’Association pour de Nouvelles Perspectives à Gauche (ANPAG),
  • l’Alternative démocratie socialisme (ADS), courant membre de la CAP animé par Marcel Rigout,
  • le PAG,

A côté d’eux, on trouve des militants du mouvement social ou politiques reconnus,

Soit de nombreux petits mouvements issus d’une succession d’histoire de « petites dissidences » roses, rouges et vertes…

En effet avant la Fédération il faut remonter à l’AREV qui était elle même un enfant du PSU

– 1960 : fondation du PSU (Parti Socialiste Unifié) un mouvement qui a essayé d’exister entre la SFIO et le PCF
– 1988 : candidature Juquin (dissident PCF)
– 1989-1990 : dissolution du PSU, et création de l’AREV (parallèle interessant avec candidature Bové) ne souhaitant pas satellisation par Les Verts
– 1992 : fondation de l’ADS par des dissidents communistes
– 1994 : fondation de la CAP par des dissidents communistes et notamment l’ADS
– 1995 : la CAP soutient la candidature Voynet aux présidentielles
– 1996 : Charles Fiterman participe au nom de la CAP aux Journées d’été des Verts en 1996, où est lancé le processus de la « gauche plurielle », aux côtés de Dominique Voynet, Lionel Jospin et Robert Hue.
– 1998 : scission/fusion/désunion entre AREV et la CAP
dont une partie fonde Les Alternatifs et l’autre rejoint Les Verts (ou d’autres mouvements)

Depuis la Fédération (FASE) a fini par naitre après les expériences de 2004 (notamment régionales en IDF avec le PCF) puis de 2005 avec le TCE.

Avec le rassemblement Europe Ecologie et le Front de Gauche, la Fédération né en 2008 à la veille des élections européennes participe à un remue méninge à gauche…

– 2009 – 2010 : forcer l’union de la gauche de la gauche et stratégies à la carte
bien que « nain » politique par rapport aux autres forces (PCF, PG et NPA) la Fédération tente de faire trait d’union entre ces mouvements
Et bien qu’elle adopta une position officielle de non participation aux européennes, ses militants et composantes adoptèrent plutôt un choix à la carte rejoignant tantôt le Front de Gauche (ADS en 2009) le NPA voir même Europe Ecologie…

Cette « division » sur la stratégie se vérifia même parfaitement chez l’une de ses composantes puisqu’aux européennes les Alternatifs suivirent la position officielle de la FASE bien que très partagé entre 3 stratégies : non participation (35%) , allié avec NPA (31%), allié avec le Front de Gauche (30%)
L’ADS adopta même le choix de l’union avec le PS en Limousin dès le 1er tour aux régionales de 2010 malgré une union large de toutes les forces de la gauche de la gauche (NPA, PCF, PG et Alternatifs…)

Voici un topo des choix fait en 2010 : (voir résultats ici)

– avec Front de Gauche (PCF-PG) : Alsace , Centre, IDF, NPDC, Picardie, Rhone Alpes,
– avec NPA : Auvergne (+décroissants) , Poitou Charente , PACA,
– avec PG-NPA + décroissants… : Bourgogne , Champagne Ardennes,
– avec PG : Bretagne , Lorraine,
– avec Front de Gauche NPA + décroissants… : Languedoc Roussillon , Limousin , Pays de la Loire (???)

On le voit des stratégies très différentes et aux résultats également différents… les particularités et histoires locales jouent beaucoup un peu partout…

Même la stratégie d’union complète n’est pas toujours suivi de bons résultats :
si en Limousin la liste obtient 13% , en Languedoc Roussillon (où ils doivent faire face à Freche) le résultat n’est que de 8,6%
et dans les Pays de la Loire tout juste 5% au point que ce résultat semble être oublié ?

* Europe Ecologie Les Verts et autres histoires … *

J’écrirais la suite de l’histoire très prochainement… soit en revenant sur toute l’histoire (résumée) des écologistes… soit en reprenant juste un topo sur la phase 2008-2010… et certains billets écrits…
Bref je me tate…

3 réponses sur “Cycle de refondation des partis : muter, ouvrir, rassembler ou disparaitre ?”

  1. Concernant la suite du Front de Gauche et les relations avec le NPA
    si la poursuite ne devrait pas poser de questions dans certains endroits il n’en sera peut etre pas de même partout

    ça et là le NPA pourrait éventuellement le rejoindre, trop affaibli et « condamné » dans son autonomie via les urnes…
    Seule l’exemple Limousin lui a permi d’obtenir 2 élus (les seuls en France)

    mais les résultats parfois moindre peuvent faire tergivercer au NPA comme au PCF…

    > Devrait se poursuivre ?
    en Limousin, Languedoc Roussillon et plus difficilement en Pays de La Loire (score décevant)

    > NPA rejoignant le Front de Gauche ?
    – Là où il y avait un vrai FdG avec PCF et PG soutenu par la FASE donc
    Alsace, Centre, IDF, NPDC, Picardie, Rhone Alpes,

    Mais le petit score en Alsace rend le rapport de force difficile… et les divisions existent ailleurs parfois (Picardie)

    – Là où le Front de Gauche est largement devant le NPA ?
    En Auvergne voir PACA et Poitou Charente même si dans chaque cas cela devrait être très difficile car les rapports sont parfois tendus…

    > La poursuite du Front de Gauche pourrait être bien plus difficile
    là où le PCF avait fait le choix d’etre avec le PS dès le 1er tour…
    et où les rapports ont été difficile entre PCF et PG (allié avec le NPA parfois) voir parfois entre PCF, PG et NPA…

    Les résultats http://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_régionales_françaises_de_2010 avaient d’ailleurs plutôt condamnés chacun des acteurs de ces « querelles »

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