Crise économique, crise écologique : jusqu'où ?

Ne louppez pas la conférence « Crise économique, crise écologique : jusqu’où ? » demain à 20h (salle vidéo du Conseil régional) organisé par les Amis de la Terre Limousin et Attac 87. L’occasion pour moins de piller honteusement quelques billets de bloggeurs proches. Mais je commencerai « bien entendu » par l’élection de Barack Obama.

Non je ne parlerai pas du « premier président noir », non je ne parlerai non plus de l’espoir qui suscite (trop grand peut être ? même ailleurs dans le monde) , de la fin de Bush, de la victoire des démocrates sur les républicains (le discours de Obama se suffit en lui même peut être…)
Je noterai tout d’abord la formidable participation des électeurs américains : historique ! qu’ils aient voté démocrates ou républicains… (selon les estimations: Obama aurait dépassé les 62 millions et Mc Cain les 55 Millions)


Je noterai les scores « honorables » des petits candidats et notamment la candidate des Verts Cynthia McKinney ,  dans un contexte « apres bush – vote utile » scores qui ne sont pas anodins parfois quand aux besoins d’une autre amérique pour nb d’américain (plus d’1 million d’électeurs n’ont pas voté Obama ou Mc Cain…)
Je noterai que d’autres élections avaient lieu en même temps : senat, house, gouvernor et ballot measures (d’autres résultats également sur http://www.greenpartywatch.org où on constatera des scores pas si ridicules pour les autres élections : sénat…)

Je noterai enfin que Obama a su également utiliser un mélange habile Web / Terrain et a amené nb d’américain vers une redécouverte du militantisme… Son site est un bon exemple qu’il convient d’étudier (même si certains « apprentis » « dictateurs » veulent le prendre en exemple pour leur propagande…)

Je serai donc moins enthousiaste (mais quand même 😉 ) que Isabelle de Eco Echos par exemple, notamment sur le fait que Obama a promis de développer l’économie dites verte.
Je prend l’exemple de la voiture, et la fin d’un règne de 1 siècle (parallèle au siècle du pétrole) : pour moi les technologies vertes (toutefois nécessaire) ne seront que des pansements sur des énormes plaies. La voiture telle que nous la connaissons actuellement a fini son règne : je ne dis pas qu’elle va disparaitre, mais son utilisation va (et doit) être différent : autopartage, covoiturage, développement des transports en commun…
Et malheureusement à force de vouloir sucer la dernière goutte nous prenons de plein fouet une crise dans l’automobile mondiale : au USA comme ailleurs, et contrairement aux « prévisions de Al Gore » (critiquant l’industrie automobile américaine trop polluante) , même là où les voitures moins polluantes se développent, crise qui avait déjà commencé il y a quelques années (2006 notamment)

Cela m’amène à la lecture de 2 très bons articles de Frank , l’un sur le lien entre crise financière et crise écologique ,  l’autre sur l’heure des choix avec l’exemple du diesel .

Extraits :

Solution préconisée donc par Que Choisir, pour rééquilibrer le marché, augmenter l’offre, à savoir que « les groupes pétroliers doivent prendre l’engagement d’investir dans le raffinage ».

Traduction : créer de nouvelles raffineries, produire encore plus de diesel et d’essence, essence que le marché mondial a du mal à consommer…

Je n’attends pas de tout mouvement social, de toute association, qu’il sorte dès aujourd’hui du productivisme, même après le Grenelle qui aura permis de confronter chacun à ses responsabilités environnementales. Mais je m’étonne franchement qu’une association de consommateurs s’aligne sur le « consommer plus » et non le « consommer mieux »

il existe généralement plusieurs solutions, une productiviste, par la course en avant, par le progrès à tout prix, l’autre, de réduction de la voilure, d’adaptation à l’existant, au futur probable. Et ce n’est pas parce que nous roulerions moins, ou un peu plus avec de l’essence plutôt que du gasoil, que nous retournerions pour autant à la lampe à pétrole.

autre extrait :

Il y a près d’un an, je faisais un billet sur ce blog sur la crise des subprimes, et ses conséquences possibles ; dès janvier, je vous écrivais : « Resserrement du crédit, hausse du prix des matières premières, relance de l’inflation… tout porte à croire que l’économie mondiale va entrer en récession« 

Folie oui, la même folie qui consiste à construire des centrales nucléaires sans prévoir les coûts de démantèlement et sans savoir que faire des déchets. La même folie qui consiste à produire toujours plus sur des sols qui, sans des tonnes d’engrais, dépériraient. La même folie qui consiste à puiser dans les eaux des fleuves qui aliment la Mer d’Aral pour produire toujours plus de coton.

Cette folie porte un nom : c’est le productivisme, c’est l’idée selon laquelle que l’humanité ne peut aller que de l’avant, et qu’au bout du progrès, alimenté par la technique, il y a des solutions, de toutes façons, il y a des solutions.

Le productivisme version libérale s’effondre, là maintenant, sous nos yeux, comme le productivisme version soviétique s’est effondré en 1989. Et force est de constater que les partis politiques traditionnels, nourris à l’un ou l’autre de ces mamelles, restent attachés à des logiciels-là.

Et de conclure : Allez, on peut changer le monde en cliquant. Allez, faites-le !!! (avec Europe Ecologie)

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3 réponses sur “Crise économique, crise écologique : jusqu'où ?”

  1. L’enjeux du Nouveau Breton woods est sur la table!

    L’économiste Jean-Luc Gréau dans un interview donner au Nouvel Obs du 30 octobre, dénonce le Faux Nouveau Bretton Woods de la City.

    « N. O. – Que peut-on attendre d’un nouveau Bretton Woods ? Quels rôles peuvent jouer les pays émergents ?
    J.-L. Gréau. – De deux choses l’une. Ou bien le nouveau Bretton Woods s’inscrit dans la lignée du précédent, qui tendait à stabiliser le monde du point de vue économique, monétaire et financier pour favoriser la prospérité, l’emploi et le progrès matériel, intellectuel et moral des populations. Ou bien il procède d’une tentative de soumettre, plus encore que ce n’était le cas au moment où la crise a surgi, les entreprises et les populations aux exigences maintenues des opérateurs financiers préalablement sauvés par les Etats. Les pays émergents ont un rôle à jouer dans la mesure où ils favoriseront la naissance de ce monde multipolaire, plus équilibré et plus stable, dont nous avons besoin. »

    Face à la situation historique et révolutionnaire que nous sommes entrain de vivre, il ne faut pas céder à la tentation de certains agitateurs qui pensent que du chaos naitra une plus belle société. Du Chaos sortira qu’une autre loi de la jungle ou le plus faible sera toujours le perdant.

    Nous devons aussi dire non au faux nouveau bretton woods proposé par Gordon Brouwn et ses amis, qui essayent d’imposer brutalement un contrôle totale sur l’économie par la haute finance international de la City et Wall street.

    Nous devons au contraire nous mobiliser autour de la mise en faillite du système actuel.

    Pour aiguiser vos convictions politiques et économique afin de rentrer dans la bataille, je vous propose la lecture du dernier tract de solidarité et Progrès, L’indispensable rupture avec l’empire financier, par Jacques Cheminade : http://solidariteetprogres.org/IMG/pdf/TRACT_2008_11_03_NBW_1_.pdf

    « L’avantage des crises est qu’elles changent les règles du jeu. Il dépend de nous que ce ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur. »

    La France doit peser sur le G20, et nous, citoyens, devons tout faire pour influencer nos élites.

    La révolution passera par une réforme profonde du système monétaire et financier international, et non par de vaines révoltes violentes.

    David C.
    david.cabas.over-blog.fr
    leretourdusillon@gmail.com

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