Contaminer la gauche de nos idées ?

Alors que j’étais plutôt « contre » la constitution du groupe GDR (regroupant Communistes et Verts à l’assemblée nationale) je suis obligé de constater que tout n’a pas été négatif depuis 2007. Et bien que peu favorable à l’appel de Politis (ou d’autres appels du même type) je considère que les Verts doivent en effet « contaminer » leurs alliés de leurs idées et pour cela il est parfois nécessaire de travailler avec des alliés à priori « moins proches ». Extraits de l’interview de Martine Billard par le Journal ZEP :

« Alain Bocquet, président communiste du groupe sortant, disait que les Verts pouvaient se « rallier à eux ». On lui a expliqué que c’était d’égal à égal, sur le mode du tourniquet. »

« Pour les motions de procédure, il y a accord, avec souvent un duo Cochet-Chassaigne par exemple lors des débats sur les OGM. »

« Le fait d’être ensemble a également eu une influence sur d’autres dossiers, comme sur les OGM. On a organisé un débat contradictoire au sein du groupe sur le sujet où on avait invité Christian Vélot.
Autre type d’influence, sur la question du pétrole, des députés communistes posent de plus en plus de questions à Yves Cochet sur le pic pétrolier. Il y a contamination générale sur ces questions-là. »

« Même si sur le plan social il y a plus d’accord avec le PCF qu’avec le PS, il y a des amendements communistes qu’on ne vote pas, comme sur le pouvoir d’achat sur lequel ils ont en général une réponse productiviste. »

« Le système de consommation, c’est plus compliqué (pour eux, les pauvres ont le droit de consommer comme des riches), mais ça
craquelle. A l’inverse, l’impact chez nous, c’est comment remettre en cause ce système basé sur le pétrole sans que ce soient les couches populaires qui en paient le prix. »

« Les syndicats évoluent. Sur la santé des travailleurs, plus aucun ne soutient les emplois au détriment de la santé des travailleurs et des populations avoisinantes (amiante, Metaleurop…). »

Quelques Nouvelles à Gauche de la Gauche :

Les Cocos qui parlent aux Ecolos, et un Coco (défendant les Ecolos) qui répond à ce Coco…  (le sujet : les communistes n’ont pas le monopole de l’antilibéralisme…)

José Bové qui explique une partie de son choix (l’écologie)
extrait (que je partage) :
Après les différentes phases politiques que nous avons connues, 2005 et Présidentielles 2007, force est de constater que des divergences profondes sont apparues dans ce qu’on a appelé le camp anti-libéral. A la fois du fait des organisations qui voulaient contrôler le mouvement mais aussi des contradictions et ambiguïtés relatives à un positionnement de refus (Non au TCE allant de souverainistes de gauche, de productivistes nucléocrates, à des écologistes radicaux en passant par toutes les nuances)

Ne se situer de manière centrale que face au capitalisme c’est nier toute la nécessaire remise en cause des modes de production, de l’étatisme de droite et de gauche, de l’impossibilité de répondre aux enjeux de la planète sans mettre en cause le développement et les idéologies de la croissance qui sont inhérentes aux modèles communistes et capitalistes.

C’est ce constat, ainsi que l’urgence de répondre à la crise écologique majeure qui m’ont fait répondre positivement à l’idée de réfléchir à un regroupement large des écologistes pour les européennes de 2009.

En résumé actuellement, l’Appel de Politis semble être abandonné par une partie de ses « premiers signataires » (de l’avoeu même de certains rédacteurs du journal) : en effet certains signataires préfèrent se rapprocher du médiatique futur NPA (meme si ses contours semblent tout aussi flou, et que les problèmes sont également au rdv…) , d’autres jouent toujours au fameux jeu « etre dans un parti, mais jouer à l’extérieur »…

Le CNCU poursuit son chemin, non sans difficulté… Toujours les memes difficultés depuis les comités Juquin, l’AREV ou d’autres mouvements qui ont eu ces memes tentatives de rassemblement…

Et la lecture de certains derniers textes, je trouve tout ça un peu « fade » et décevant… Comme l’avait été malheureusement l’impact de la présence des écolos (verts ou non) dans les collectifs unitaires (très rouge et peu vert, mais bon on va pas refaire l’histoire) : bien entendu certains seront plus enthousiastes que moi, car tout dépend des coins de France mais j’ai eu quelques témoignages saisissants surtout concernant une certaine nostalgie fantasmée des « 30 glorieuses »…

ya encore du boulot , de ce côté comme du côté socialiste…

Côté NPA : la LCR
Les critiques fusent de temps en temps notamment envers L’Appel de Politis considéré comme concurrent / partenaire dont on ne sait trop quoi faire (et qui serait trop lié à certains partis, et donc à l’ex gauche plurielle)

Raoul Jennar (qui passe du coq à l’ane comme d’autres « soutiens médiatiques » tantôt pro Bové, tantôt pro Besancenot tantôt là où le vent tourne) poursuit même encore plus durement : Il dénonce carrément cet appel
(Les égos semblent surchauffés au passage mais passons…)

Plus drôle encore, Raoul Jennar (expert en « manipulation » mais je n’aurai pas le temps d’y revenir) , qui n’aime pas du tout les Verts (trop libéraux à son gout) a décidé de lancer l’eco socialisme ou encore d’appeler un nouveau parti pour une écologie capitaliste :

le problème étant que si pour les Verts (et les écologistes dans le monde) , le trio idéal est : Environnement – Solidarité – Démocratie (et toutes leurs déclinaisons) , à la lecture de ces textes nous avons à faire à de l’éco socialisme , c’est à dire quelquechose de pas si loin que ça du socialisme (ou du communisme) teinté de Vert (à plus ou moins grosse dose)
En résumé ici le trio se transforme en : Anticapitalisme teinté de Vert : certains considérant qu’il faut social et environnement, mais la majorité malheureusement considérant que la priorité des priorités est l’anticapitalisme (et qu’une fois ce combat mené, le combat pour l’environnement suit…) , en somme de l’anticapitaliste teinté d’environnementaliste, ce qui est tout de même assez différent de l’écologie politique qui est plus complexe dans son approche de la complexité du monde et des problèmes…

Enfin bon finissons quand même sur du positif sur Raoul , je citerai quelques extraits de cet article (je ne partage pas tout) :

– Comme l’a si bien observé François Chesnais, Marx déjà constatait que « la production capitaliste ne se développe qu’en épuisant les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital, p.182). Et Chesnais a très justement déploré que « la pensée critique se réclamant du marxisme a été terriblement déficiente sur le plan des rapports à la nature ».

– Mieux :  Et même avant. Je suis né au début de ce qu’on a appelé « les Trente glorieuses ». Mais elles étaient glorieuses pour qui ?  Pour les mineurs dont on fermait les charbonnages ? Pour les ouvriers de la sidérurgie dont on fermait les usines ? Pour tous les autres qui ont du attendre le plus grand mouvement social de l’après guerre, Mai 68, pour recevoir enfin quelques miettes des profits engrangés par le patronat ?

(Une vraie critique sur les 30 Glorieuses, la société de la consommation… un nouveau travail, serait la bienvenue du côté des écologistes… car là est une grosse partie de la source qui a donné naissance à ces mouvements…)

– Une approche écosocialiste, cela signifie satisfaire les besoins sociaux de manière écologique. Et la satisfaction écologique des besoins sociaux ne peut se réaliser ni par des voies autoritaires, ni par des voies fiscales. (là on pourrait presque se retrouver dans le trio gagnant précisé)

Par contre l’erreur de l’Eco Socialisme (de Jennar, de la LCR/NPA) (mais aussi au PS) se résume dans ce propos : « C’est faire payer par le plus grand nombre le coût des dégâts écologiques provoqués par les profits de quelques-uns. »

Il simplifie malheureusement trop les problèmes, considérant l’ennemi « le capitaliste » comme principal (pratiquement unique ?) responsable…  Pourtant il parlait plus haut de « capitalisme d’etat »…

Il rajoute : Ce sont les solutions avancées par la droite, mais aussi par les sociaux-libéraux, par les Verts et par tous ceux qui refusent d’accepter que la course au profit est à l’origine de la destruction de l’environnement

Là encore je suis bien entendu en désaccord (et encore plus quand il met tout les Verts dans le meme panier) , mais surtout en désaccord sur cette oeillère sur la « course au profit » : quand on pointe mal les maux (ou juste une partie, quelquesoit son importance) on fait de mauvaises propositions et mauvaises solutions…
(il suffirait pour cela de parler de décroissance… Sujet un peu oublié il me semble… En effet même en « supprimant la course au profit » dans la « société idéal » des « communistes-antilibéraux » comme des « socialistes » il y a malheureusement un « consommer toujours plus » , un « partage des richesses », et donc leur création voir pire leur surproduction…
A moins de revenir un « communisme idéal » , celui de « communautés auto géré » , un peu utopique où on ne produit que ce que l’on consomme en faisant bien entendu attention à notre consommation… mais là n’est pas le sujet malheureusement… d’autant plus que la LCR/NPA doit faire avec ses « nouveaux adhérents » , voir même des anciens, dont certains, beaucoup trop ? , sont anticapitalises presque sauce PCF, sauce « fan de des 30 glorieuses… » voir sauce « Etat protectionniste – centralisateur »)

Une réponse sur “Contaminer la gauche de nos idées ?”

  1. je m’en vais relire Jean Zin en conclusion : http://jeanzin.fr/

    extraits :
    http://jeanzin.fr/index.php?2007/04/09/83-critique-de-l-ecologisme

    Le mythe de la prise de pouvoir et de la construction de l’organisation révolutionnaire est mis au service d’une vision minimale de l’écologie, simple prise en compte des nuisances environnementales dans la gestion des entreprises qu’on voudrait contrôlées par les organisations syndicales. Ce n’est pas la mort du capitalisme mais paradoxalement sa généralisation qui est visée, généralisation du salariat sauvé de l’infamie par la grâce des syndicats contrôlant l’entreprise

    http://jeanzin.fr/index.php?2007/10/16/116-l-ecologie-politique-avenir-de-la-gauche
    (ecologie avenir de la gauche : dont j’avais déjà parlé)

    la valeur travail :
    http://jeanzin.fr/index.php?2007/03/21/81-changer-le-travail-changer-la-vie

    Sur la décroissance (critiques) mais aussi sur les Verts :
    http://jeanzin.fr/index.php?2006/01/13/28-les-limites-de-la-decroissance-interview

    Ce n’est pas d’un nouveau parti dont nous avons besoin mais d’une articulation entre les militants écologistes et le parti qui est sensé les représenter.

    Ainsi, plutôt que décroissance, je défends relocalisation de l’économie et développement humain, mais peu importent les mots, ce qui compte c’est le projet de dématérialisation de l’économie et de sortie du productivisme, son caractère désirable et soutenable à long terme (écologiquement, économiquement, humainement), ce qui devra se traduire inévitablement par une décroissance matérielle en fin de compte…

    ‘avoue que je ne comprends pas ce goût des élections présidentielles pour des écologistes qui n’ont rien à y faire. Ce sont bien sûr des opérations de communication qui ont leur utilité mais c’est une bien piètre figuration. Il serait de beaucoup plus de conséquence de gagner des municipalités et d’y mener des politiques audacieuses de relocalisation sans attendre le grand soir. L’alternative se construit par le bas, pas par de beaux discours ou des présidentielles !

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